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Aronia bio · Le journal

Un petit jus d’aronia avec ça?

L’arbre d’aronia donne des des fruits avec lesquels on produit un jus bio très riche en antioxydant naturel puissant, le jus d’aronia biologique

Certaines arrivent tout juste sur nos marchés. D’autres, qui avaient été presque abandonnées, font un retour en force. Le Soleil vous présente cet été des cultures rares, nouvelles ou tout simplement méconnues.

Comment les cultive-t-on? À quoi servent-elles? C’est un rendez-vous dans le champ!

À 46 ans, Christian Doyon prépare déjà sa retraite. Non pas qu’elle soit pour bientôt, mais certains projets demandent une préparation de longue date. Aménager un verger entre dans cette catégorie.

Bottes de caoutchouc aux pieds, les magnifiques vallons de Saint-Sylvestre sous les yeux, celui qui est représentant pour la compagnie Heinz offre fièrement un petit verre bien frappé tiré de sa récolte d’aronia bio, un jus épais et onctueux, d’un beau violet foncé. Le goût est franchement surprenant pour un petit fruit dont on dit qu’il est un peu fade. Il se laisse facilement boire nature, et l’on imagine bien qu’avec une pincée de sucre ou mélangé à un autre fruit, il aurait tout le swing voulu. Après tout, les Américains le commercialisent déjà sous de nombreuses formes, en jus comme en confitures ou en sorbets, ou même en bonbons.

Déjà connu des Amérindiens, l’aronia bio a fait un saut en Europe, où des cultivars mieux adaptés à la culture et à la consommation ont été développés. En Allemagne, on en trouve des champs à perte de vue, indique le futur producteur.

Pour l’instant, seuls quelques-uns de ses 1500 arbres ont commencé à produire. Membre de la Midwest Aronia Association (ils ne sont que deux Canadiens dans l’organisation), Christian Doyon s’informe sur la production et la transformation, en attendant de dénicher une terre de 30 arpents pour élargir son projet.

Pour ce vendeur professionnel qui pratique la massothérapie à ses heures en plus de jouer de la guitare électrique et chanter du Elvis dans deux groupes de musique, il n’était pas question de «faire des fraises comme tout le monde». Ce qui était clair, par contre, c’était qu’il voulait consacrer sa retraite à l’agriculture, lui qui avait passé les étés de son enfance sur la terre familiale en Beauce.

Après avoir envisagé d’autres petits fruits nouvellement apparus sur le marché, son choix s’est porté sur l’aronia bio, principalement pour ses propriétés nutraceutiques. Le petit fruit bleu foncé, qui ressemble un peu à un bleuet sauvage mais pousse dans de petits arbres d’un peu plus de deux mètres de hauteur, est en effet reconnu pour son très haut niveau d’antioxydants. La littérature lui en attribue 800 milligrammes par 100 grammes, soit le double de la canneberge, qui a déjà une bonne réputation à ce niveau.

Il est aussi particulièrement riche en pectine, en vitamine C et en anthocyane, la substance qui lui donne sa couleur presque noire et fournit la vitamine P. On dit également de son jus qu’il permet de normaliser le taux de sucre sanguin, convenant ainsi aux besoins des personnes diabétiques. Il aiderait aussi à la récupération musculaire après un effort intense.

Selon Raynald Drapeau, un chercheur d’Agriculture et agroalimentaire Canada qui a évalué le potentiel agricole de ce petit fruit sur une durée de neuf ans au Lac-Saint-Jean, l’aronia bio a un rendement très élevé, jusqu’à 15 000 kilos de fruits à l’hectare. L’arbre présente également une grande résistance aux maladies et aux insectes, ce qui permet de le cultiver sans traitements chimiques.

Sa facilité d’entretien a d’ailleurs influencé le choix de M. Doyon. L’arbre se multiplie par ses racines qui serpentent en surface du sol et l’emportent facilement sur les mauvaises herbes. Et comme ses feuilles sont vénéneuses, les animaux s’en tiennent loin, dit-il.

En fait, son pire ennemi est… la moufette, qui cherche les petites larves au sol, ce qui ne semble pas trop inquiéter notre homme.

Celui-ci vise la transformation du fruit frais ou congelé sous forme de poudre pour faire des jus ou aromatiser des desserts ou friandises, de même que le marché des restaurants haut de gamme avec les fruits frais. Il dit recevoir l’appui de l’Institut des nutraceutiques et aliments fonctionnels de l’Université Laval dans ses démarches. «Je suis dans la vente, je veux développer le fruit en m’appuyant sur un projet scientifique.»

Pour l’instant, il a 3000 nouveaux plants qui l’attendent dans une serre de Pont-Rouge. Ne lui manque que la terre pour donner libre cours à sa passion et, espère-t-il, devenir un précurseur…

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